Grève civique en Colombie : L’AFPC appuie les leaders et finance des refuges

Le président national de l’AFPC, Chris Aylward, est entouré des leaders de la grève Victor Hugo Vidal, Maria Miyela Riascos et Olga Araujo et de Louise Casselman, coordonnatrice du FJS, (novembre 2018)

Le président national de l’AFPC, Chris Aylward, est entouré des leaders de la grève Victor Hugo Vidal, Maria Miyela Riascos et Olga Araujo et de Louise Casselman, coordonnatrice du FJS, (novembre 2018) 

En octobre et novembre derniers, l’AFPC a organisé, de concert avec des organismes de développement et d’autres syndicats, une tournée pancanadienne de trois militants colombiens.

En 2017, les syndicats et les organisations sociales de Buenaventura, principale ville portuaire de la côte Pacifique, ont entrepris une grève citoyenne remarquable durant trois semaines, forçant le gouvernement colombien à négocier pour trouver des solutions à la crise sociale et des droits de la personne qui touche la ville. Pendant trois semaines, 114 organisations sociales et leurs membres sont descendus dans la rue, ont organisé des cuisines collectives, des festivals culturels et littéralement fermé la plus importante route commerciale de la Colombie, porte d’entrée au libre-échange international.

Le gouvernement a aussitôt dépêché l’armée, qui est intervenue de manière très violente, notamment contre la population afro-colombienne. Mais ni les manifestants ni les leaders de la grève n’ont flanché. Au contraire, leur solidarité s’est raffermie. Et grâce à leur résistance pacifique, ils ont réussi à négocier avec le gouvernement colombien une sortie de crise.

La grève – qui est suspendue, pas terminée, comme l’ont précisé les leaders – a mené à un accord et d’importantes concessions de la part du gouvernement. Ce dernier s’est engagé à améliorer les services publics tels que le logement communautaire, les services de santé, la voirie et le système judiciaire. Les parties ont aussi conclu un accord-cadre visant à protéger les droits des travailleurs du port. Or, depuis mai 2017, les menaces contre les leaders de la grève n’ont pas cessé, les projets d’agrandissement et de modernisation du port se poursuivent et le gouvernement n’a toujours pas mis en œuvre son entente avec les grévistes.

Malgré que le gouvernement colombien a signé les accords de paix à l’automne 2017, la violence liée aux grands propriétaires terriens et aux intérêts des grandes entreprises continue de plus belle dans tout le pays. La privatisation, l’accaparement des terres et le déplacement massif de la population sont monnaie courante. Malheureusement, certains de ces agissements sont le fait d’entreprises canadiennes qui profitent impunément de l’Accord de libre-échange Canada-Colombie conclu en 2008.

Vu la situation à Buenaventura, il faut énormément de courage pour mobiliser les militants syndicaux et la population. Et les leaders de la grève civique n’en manquent pas : grâce à leurs efforts, leur mouvement compte maintenant 257 organisations sociales.

Les trois leaders colombiens demandent au Canada de faire pression sur le gouvernement de Bogota pour qu’il mette fin à la répression. Une démarche qu’appuie entièrement l’AFPC. Signalons que, grâce aux dons faits par le Fonds de justice sociale de l’AFPC, le Syndicat des employé-e-s du Yukon et le Syndicat des employé-e-s de la Sécurité et de la Justice, on a établi un réseau de refuges et mis en place diverses mesures de sécurité afin de protéger les organisateurs de la grève civique à Buenaventura. Ces précautions découlent de l’assassinat, en janvier 2018, de Temistocles Machado, un des principaux leaders de la grève.

L’AFPC continuera de surveiller la situation à Buenaventura et suivra de près les efforts des leaders de la grève pour obliger le gouvernement colombien à mettre en application l’entente survenue en mai 2017.

Sujets: 

19 Novembre 2018
Share/Save